Les axes clés de la collaboration CATL x Volkswagen
Batteries compétitives en coûts et recyclables
Le partenariat entre CATL et Volkswagen repose sur 2 objectifs majeurs : réduire les coûts de production des batteries et développer des solutions recyclables, des enjeux essentiels pour accélérer la transition vers les véhicules électriques.
Pour atteindre ces objectifs, CATL apporte son expertise dans des matériaux innovants comme les cathodes à haute densité et les batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Ces technologies permettent non seulement de baisser les coûts, mais aussi d’améliorer les performances. Par exemple, le prix des batteries LFP a chuté à 53 $/kWh en 2023 en Chine, contre 95 $/kWh en 2022, grâce à ces innovations.
De son côté, Volkswagen, fort de son expérience industrielle, capitalise sur ces avancées pour standardiser ces solutions à grande échelle.
Ensemble, ils ont pour ambition de réduire les coûts de production à moins de 100 $/kWh, un seuil crucial pour rendre les véhicules électriques compétitifs face aux véhicules thermiques. Ce partenariat assure également à Volkswagen un approvisionnement fiable et compétitif en batteries, un atout stratégique pour rivaliser avec les constructeurs chinois, notamment sur leur propre marché.
En approfondissant notre coopération avec CATL, nous créerons des solutions de batteries rentables et performantes. Notre priorité est de bâtir un système d’approvisionnement local solide.
Alfonso Sancha, vice-président exécutif des achats de Volkswagen Group China
Mais le partenariat ne se limite pas à la réduction des coûts, il prend également en compte un objectif environnemental fort. En effet, l’accent est mis sur le recyclage et la réutilisation des matériaux.
CATL développe des procédés permettant de récupérer jusqu’à 92 % du lithium contenu dans les batteries usagées, tandis que Volkswagen, à travers son usine pilote de Salzgitter, vise un taux de recyclage de 90 %.
Ces démarches permettent non seulement de réduire la dépendance aux minerais neufs, mais aussi de diminuer l’empreinte carbone. Pour vous donner un exemple concret, le recyclage d’une batterie de 62 kWh permet d’économiser environ 1,3 tonne de CO₂.
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Au-delà des considérations économiques et environnementales, ce partenariat est également stratégique pour les directeurs R&D et les responsables supply chain.
Pour les premiers, l’accès à des technologies brevetées, comme les batteries solides ou les cathodes sans nickel, permet de mutualiser les coûts de recherche et d’accélérer l’innovation.
Quant aux responsables supply chain, la collaboration sécurise les flux de matières premières critiques (lithium, nickel) et diversifie les sources d’approvisionnement, réduisant ainsi les risques liés aux chaînes d’approvisionnement.
Échange de batteries et V2G (Vehicle-to-Grid)
Le partenariat entre CATL et Volkswagen se concentre sur des solutions innovantes telles que l’échange de batteries et la technologie V2G (Vehicle-to-Grid), visant à répondre aux défis liés à la gestion des batteries et à l’intégration des véhicules électriques dans les réseaux énergétiques. Ensemble, ils développent des systèmes permettant d’optimiser l’utilisation des batteries tout en améliorant l’efficacité des flottes et des infrastructures électriques.
Dans le cadre de cette collaboration, le modèle d’échange de batteries est particulièrement prometteur pour les flottes électriques de véhicules et les taxis. Inspiré du système Evogo de CATL, il permet de remplacer rapidement des batteries usagées par des neuves, réduisant ainsi les temps d’immobilisation des véhicules.
Cette technologie vise à simplifier la gestion des flottes, tout en prolongeant la durée de vie des batteries et en réduisant les coûts de maintenance.
À noter que ce système est déjà déployé avec succès en Chine, où CATL a installé plus de 1 000 stations Evogo. Cela permet un remplacement des batteries en une minute, et les études indiquent que les flottes peuvent réduire leurs coûts de maintenance de 30 %. Volkswagen, en ciblant le marché chinois des taxis électriques, espère étendre cette solution à d’autres régions, notamment pour des utilisateurs avec des besoins élevés en autonomie et disponibilité.
En parallèle, les deux partenaires explorent la technologie V2G, qui permet aux batteries des véhicules de réinjecter de l’énergie dans le réseau lorsqu’elles ne sont pas utilisées. Cela offre non seulement une optimisation de l’usage des batteries mais aussi une meilleure stabilité du réseau, en particulier lors des pics de consommation.
Grâce à cette technologie, les véhicules électriques peuvent agir comme des batteries mobiles, fournissant de l’énergie au réseau, tout en générant des revenus supplémentaires pour leurs propriétaires qui vendent l’électricité stockée. De plus, les batteries sont préservées, prolongeant ainsi leur durée de vie. Avec des prévisions indiquant que le marché du V2G pourrait atteindre 1,5 milliard de dollars d’ici 2030, la technologie est en forte croissance. En parallèle, Volkswagen prévoit d’intégrer le V2G sur plus de 500 000 véhicules d’ici 2025, un objectif ambitieux pour transformer l’infrastructure énergétique.
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Alignement réglementaire et stratégique de l’accord entre Volkswagen et CATL
Réglementation européenne : vers une production plus durable
Le partenariat entre Volkswagen et CATL ne se limite pas à une simple coopération industrielle, il s’inscrit également dans un cadre réglementaire exigeant dicté par le Règlement européen sur les batteries (2023/1542).
Ce texte impose des standards stricts en matière de durabilité, de traçabilité et de responsabilité environnementale, et oblige les acteurs du secteur à anticiper des contraintes de plus en plus rigoureuses. Dans ce contexte, l’alliance entre ces deux géants devient un levier stratégique permettant de garantir la conformité des batteries tout en sécurisant l’accès aux matériaux critiques.
Pour répondre aux exigences de durabilité et de sécurité, le règlement impose des seuils précis, notamment une interdiction de substances dangereuses, une obligation d’incorporer un pourcentage minimal de matériaux recyclés et une évaluation de l’empreinte carbone des batteries.
À partir de 2025, chaque batterie devra afficher une classe de performance carbone, et d’ici 2031, elles devront contenir :
- 4 % de cobalt,
- et 4 % de nickel,
- 12 % de lithium recyclé.
Grâce à son expertise en batteries LFP (lithium-fer-phosphate), qui ne contiennent ni nickel ni cobalt, CATL se positionne en pionnier dans l’adoption de ces nouvelles normes.
Au-delà de la durabilité, la traçabilité des batteries devient un élément clé avec l’instauration du passeport numérique des batteries à partir de 2027.
Grâce à un QR code unique, chaque batterie devra permettre de remonter l’historique de ses composants, facilitant ainsi son recyclage et garantissant la transparence des matériaux utilisés. Pour Volkswagen, cette innovation représente un atout majeur dans la gestion du cycle de vie de ses véhicules électriques. En parallèle, CATL apporte son expertise en gestion des données et en suivi des matériaux afin d’optimiser la conformité de ses produits avec ces nouvelles obligations.
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L’un des défis majeurs de ce règlement réside également dans le devoir de diligence imposé aux constructeurs pour limiter l’impact environnemental et social de leur chaîne d’approvisionnement. Cela implique une traçabilité accrue des matières premières comme le lithium et le cobalt, ainsi qu’une réduction des dépendances vis-à-vis des zones géopolitiquement sensibles. Pour y répondre, Volkswagen et CATL misent sur une double stratégie : une implantation industrielle locale en Europe et une standardisation des batteries pour mutualiser les coûts et sécuriser les flux de matériaux critiques.
Avec l’entrée en vigueur progressive de ces nouvelles règles jusqu’en 2028, les industriels n’ont d’autre choix que d’adopter une approche proactive.
En intégrant dès aujourd’hui ces exigences, Volkswagen et CATL prennent une longueur d’avance sur la concurrence, tout en garantissant un approvisionnement durable et conforme aux attentes du marché européen. Leur partenariat devient ainsi un modèle de conformité réglementaire et d’innovation industrielle, illustrant la manière dont les grands acteurs de l’automobile peuvent transformer une contrainte en avantage compétitif.
Objectifs de neutralité carbone imposant des batteries plus écologiques
En effet, les deux géants de l’automobile et des batteries misent sur une stratégie commune pour réduire l’empreinte carbone de leurs batteries et garantir leur conformité aux normes environnementales. Cette approche permet non seulement de s’aligner avec les accords climatiques internationaux (Accord de Paris, Fit for 55), mais aussi d’accélérer l’innovation vers des solutions énergétiques plus durables.
Volkswagen et CATL affichent des objectifs ambitieux en matière de neutralité carbone. Volkswagen s’est engagé à atteindre une réduction de 30 % de ses émissions de CO₂ d’ici 2030 et à devenir entièrement neutre en carbone à horizon 2050. De son côté, CATL prévoit de rendre toutes ses usines neutres en carbone dès 2025, avec un objectif d’approvisionnement entièrement décarboné d’ici 2035. Pour y parvenir, Volkswagen investit 35 milliards d’euros dans l’électromobilité, tandis que CATL mise sur un mix énergétique dominé par le solaire et a déjà obtenu la certification PAS 2060 pour plusieurs de ses sites de production.
Au-delà de la conception des batteries, la collaboration entre Volkswagen et CATL optimise également la supply chain pour réduire son impact environnemental. La production est répartie entre l’Europe et la Chine afin de limiter les émissions liées au transport et d’éviter une dépendance excessive à certaines régions. De plus, la standardisation des batteries permet non seulement d’optimiser les coûts de production, mais aussi de sécuriser les approvisionnements en matières premières critiques comme le lithium, sans oublier le contournement des taxes imposées par l’UE sur les voitures électriques chinoises/produites en Chine.
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En d’autres termes, les chiffres illustrent l’ampleur de cette transition. L’Union européenne vise 15 % de véhicules électriques dans le parc automobile français d’ici 2030, avec 7 millions de bornes de recharge installées d’ici là.
Sur le plan industriel, CATL domine pour rappel 37,9 % du marché mondial des batteries, tandis que Volkswagen ambitionne de livrer 2,9 millions de véhicules électriques en Chine en 2024.
💡Le saviez-vous ? Selon les études menées par Carbone 4, les batteries LFP permettent une réduction de 50 à 70 % des émissions de CO₂ par rapport aux motorisations thermiques.
Normes ISO 26262 : renforcement des exigences de sécurité fonctionnelle
L’accord entre Volkswagen et CATL s’inscrit dans un cadre réglementaire rigoureux, notamment avec l’application de la norme ISO 26262, qui définit les exigences de sécurité fonctionnelle pour les systèmes électroniques des véhicules électriques. Cette norme impose des critères stricts afin de minimiser les risques liés aux batteries, tout en garantissant la fiabilité des véhicules sur la route.
Pour plus de détails, l’ISO 26262 couvre l’ensemble du cycle de vie des batteries, de la conception à l’exploitation, en passant par les tests et la maintenance. Pour les batteries électriques, les critères incluent :
- Protection avancée contre les courts-circuits et surcharges, avec des tests de résistance aux chocs thermiques et mécaniques.
- Normes d’isolation électrique, imposant une résistance minimale de 100 Ohm/V en DC et 500 Ohm/V en AC pour éviter tout risque d’électrocution.
- Systèmes de gestion des gaz, visant à prévenir l’accumulation de vapeurs inflammables en cas de dysfonctionnement.
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En respectant ces exigences, Volkswagen et CATL assurent donc la sécurisation des cellules de batteries et la prévention des défaillances critiques, un enjeu majeur pour la mobilité électrique.
Conclusie
Le partenariat entre CATL et Volkswagen redéfinit les standards des batteries pour véhicules électriques, en conciliant performances accrues, réduction des coûts et conformité réglementaire. Pour les directeurs R&D et les responsables supply chain, cette collaboration représente une avancée majeure, garantissant :
- des batteries plus durables,
- un approvisionnement sécurisé,
- des solutions innovantes comme l’échange de batteries et la technologie V2G.
Autant d’atouts qui facilitent la transition vers une flotte électrique plus rentable et performante.